ça aurait pu se passer près de chez vous !
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enigmes Noailhacaines imaginées et écrite par Enisor P.

DU VRAC A NOAILHAC

C’est vendredi après-midi que ce fait divers se produisit, en haut de la rue Notre Dame, non loin de la statue de la Vierge. Madame Chaporon et Monsieur Lecèpe échangeaient quelques propos courtois sur le temps qu’il fait :

  •  ce vent d’autan nous rend fou, j’ai un mal de tête épouvantable ; ça ne vous agace pas, Casimir ? -

    sur la santé des enfants et petits-enfants :

  •  j’allais justement poster une carte d’anniversaire à Fleur, ma petite fille qui va avoir 5 ans mardi. Une pensée pour Fleur en quelque sorte ! ajouta Casimir Lecèpe, grand amateur de jeux de mots,

    sur les récentes rénovations du village :

  •  Notre église a fière allure maintenant ; je vais dire à mon fils, vous savez, Casimir, celui qui est facteur à Paris, d’aller voir les photos sur le nouveau site internet de Noailhac, ça lui donnera un bon aperçu avant les grandes vacances. -
  •  Il faut bien dire qu’un petit coup de rafraîchissement de la façade ne pouvait pas faire de mal. On pourraît même fêter ça devant un verre « rafraîchissements à volonté ».... hé, hé ! -
  •  En parlant de boire, enchaîne Madame Chaporon, (qui ne comprend pas toujours les plaisanteries Lecèpoises), viendrez-vous ce soir fêter la Saint Bruno, nous sommes déjà le 6 octobre, et c’est devenu une tradition au club. Savez-vous que nous avons 2 Bruno et 1 brunette parmi les joueurs de fléchettes. -

    Bref, une discussion amicale entre voisins de longue date qui ne pouvaient imaginer le désastre qui allait se produire.

    Car, à ce moment précis, ils entendent des cris quelque peu déraisonnables et voient débouler, à bout de souffle, vociférant et gesticulant, une petit homme chauve et moustachu, vêtu d’une longue blouse grise, que n’aurait pas renié un écolier d’avant-guerre.

  •  Ah ! quelqu’un ! enfin ! Je cherche la rue Notre Dame ; voilà une heure que je tourne en rond dans ce fichu village et j’ai coincé mon camion là à 15 mètres, dans le virage. Il faut absolument que je livre avant 5 heures... dans 10 minutes, en fait !. En plus je devrais être en RTT, mais cette maudite boîte m’envoie toujours faire des livraisons dans des endroits impossibles le vendredi soir. j’ai encore plus d’une heure de route pour rentrer, sans compter que je dois ramener le camion au dépot, le nettoyer, remplir la paperasse, oh là là -

    Madame Chaporon et Monsieur Lecèpe, pleins de bonne volonté, mais un peu éberlués toutefois, attendaient que le petit homme, bavard et énervé, arrête ses jérémiades pour lui donner l’information, somme toute assez simple, qu’il réclamait :

  •  Monsieur, vous y êtes, dans la rue Notre Dame !
  •  Quoi ? vous m’en direz tant ! De toutes façons, c’est toujours pareil : pas d’indication, pas de panneau, personne vous vous renseigner. Peut-être alors, vous savez où se trouve la Salle Roger Gau ; je dois livrer la boisson pour ce soir ! -

    Tandis que Monsieur Lecèpe, intrigué , attendait la suite des évènements, Madame Chaporon, commençait à perdre patience :

  •  En dehors du fait que vous êtez peu courtois et parfaitement de mauvaise foi, sachez, Monsieur, que je vous attends depuis 2 heures. La Salle Roger Gau, vous lui tournez le dos ; mais ce n’est qu’à 25 mêtres au plus. Allez-y, déchargez la marchandise devant le portail. J’arrive dans 5 minutes. -
  •  Vous êtes sûre. Dans ce cas, vous vous débrouillerez ! -
  •  Oui, je suis sûre, c’est pas la mer à boire, tout de même ! - rétorqua Madame Lecèpe définitivement énervée, mais qui ne croyait pas si bien dire.

    Casimir Lecèpe, de plus en plus intéressé, ne risquait pas de quitter les lieux. Il vit le chauffeur livreur monter dans son camion, grommelant et gesticulant toujours ; puis, presque instantanément, il entendit un épouvantable vacarme en même temps que les hurlements de Madame Chaporon.

    La rue Notre Dame venait de se couvrir d’un flot rouge abondant et odorant.

    Plusieurs personnes se penchèrent aux fenêtres et celles qui ouvrirent leur porte restèrent médusées, les pieds dans le vin.

    En raison d’une mauvaise manipulation du chauffeur surexcité, les 2 caisses de rosé, prévues pour fêter la St Bruno, venaient de se transformer en 350 litres de vin rouge livré.... en vrac.

  •  Voilà un anniversaire bien arrosé, ma foi !se dit Monsieur Lecèpe, un brin amusé, - la mer à boire... bien sûr, hé, hé ! -

    Enisor P. - Toute ressemblance avec des personnes réelles seraient totalement fortuite ; par contre, les lieux ont été scrupuleusement respectés.

  • ALSC